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Sauvegarde de données : 7 bonnes pratiques à adopter dès maintenant

Un client perd 4 mois de données car sa sauvegarde était sur le même NAS. Découvrez la méthode 3-2-1-1-0 pour ne jamais revivre ça.

Sauvegarde de données : 7 bonnes pratiques à adopter dès maintenant

Un client m'appelle un mardi matin, la voix blanche. Son NAS a rendu l'âme pendant la nuit. Dedans : huit ans de factures, les fichiers clients, les plans de ses trois derniers chantiers. « Mais j'avais une sauvegarde », me dit-il. Sauf que la sauvegarde en question vivait sur le même boîtier, dans le même placard, branchée sur la même multiprise.

Ce jour-là, il a perdu quatre mois de données. Pas huit ans, parce qu'une partie traînait encore sur des disques externes chez lui. Mais quatre mois de travail à ressaisir, à retrouver auprès des fournisseurs, à reconstituer à l'aveugle. Le genre de semaine dont on se souvient longtemps.

La sauvegarde de données, ce n'est pas une question de matériel. C'est une question de méthode. Et la méthode, la vraie, tient en quelques principes qu'on peut appliquer ce week-end, quel que soit votre budget.

Points clés à retenir

  • Une sauvegarde qui vit sur le même support que l'original n'est pas une sauvegarde.
  • La règle 3-2-1 reste le socle : 3 copies, 2 supports différents, 1 hors site.
  • La stratégie 3-2-1-1-0 ajoute une copie hors ligne immuable et zéro erreur vérifiée à la restauration.
  • Une sauvegarde jamais testée vaut zéro. Le test fait partie de la procédure, pas de l'option.
  • Le RTO et le RPO dictent la fréquence, pas l'inverse.
  • Les ransomwares modernes chiffrent aussi les sauvegardes connectées. Il faut une copie déconnectée.

Sauvegarde de données : la règle qui change tout, et que presque personne n'applique vraiment

Tout le monde connaît la formule. Peu de gens la respectent jusqu'au bout. Le principe 3-2-1 se résume ainsi : trois copies de vos données au total (l'originale comprise), sur deux types de supports distincts, dont une située ailleurs physiquement.

Pourquoi trois copies ? Parce que deux, c'est déjà mieux que rien, mais ça laisse peu de marge. Si votre disque principal tombe en panne et que votre copie a un secteur défectueux au mauvais endroit, vous n'avez plus rien. La troisième copie est votre filet de sécurité pour le jour où deux choses se passent mal en même temps. Et ça arrive plus souvent qu'on ne le croit.

Pourquoi deux supports différents ? Parce qu'un même modèle de disque, acheté dans le même lot, a tendance à tomber en panne à peu près au même moment. Je l'ai vu sur un serveur de PME : deux disques identiques, installés le même jour, sont morts à six semaines d'intervalle. Si les deux avaient contenu la seule copie des données, l'entreprise fermait.

Pourquoi une copie hors site ? Parce qu'aucune stratégie locale ne vous protège d'un incendie, d'un dégât des eaux, d'un cambriolage ou d'un vol de sac. Un client m'a raconté avoir perdu son ordinateur portable et son disque externe dans le même sac, volé à la terrasse d'un café. Deux copies, un seul incident, zéro donnée.

Et la variante 3-2-1-1-0, c'est quoi exactement ?

Cette extension est aujourd'hui la référence, notamment dans les recommandations de l'ANSSI pour les environnements qui doivent résister à une attaque. Décortiquons les deux chiffres ajoutés, parce que c'est là que tout se joue.

Le premier « 1 » désigne une copie hors ligne ou immuable. Hors ligne signifie que le support n'est branché ni au réseau ni à la machine pendant l'opération de sauvegarde. Immuable signifie qu'une fois écrite, la donnée ne peut plus être modifiée ni effacée, même par un administrateur, pendant une durée définie. C'est la seule protection réellement solide contre un rançongiciel : le logiciel malveillant peut chiffrer tout ce qu'il atteint, mais il ne peut pas réécrire une bande ou un espace de stockage verrouillé en lecture.

Le « 0 » veut dire zéro erreur lors du test de restauration. Autrement dit, la méthode n'est validée que si vous avez réellement restauré et vérifié que tout fonctionne. Pas « la sauvegarde s'est bien déroulée cette nuit selon le logiciel ». Non : vous avez ouvert les fichiers, lancé l'application, vérifié que la base de données redémarre.

Avouons-le, ce dernier point est celui que tout le monde saute. Moi le premier, pendant des années.

RTO et RPO : les deux chiffres qui décident de votre fréquence de sauvegarde

Question qu'on me pose sans arrêt : « je sauvegarde tous les combien ? » La réponse honnête, c'est que personne ne peut la donner à votre place, parce qu'elle dépend de deux valeurs que vous seul pouvez fixer.

RTO et RPO, définition simple

Le RTO (Recovery Time Objective, ou objectif de temps de reprise) est la durée maximale pendant laquelle vous acceptez que votre système soit indisponible. Si votre cabinet comptable ne peut pas travailler plus de quatre heures, votre RTO est de quatre heures.

Le RPO (Recovery Point Objective, ou objectif de point de reprise) est la quantité de données que vous acceptez de perdre, exprimée en temps. Si vous sauvegardez chaque nuit à 2 h du matin et que la panne survient à 17 h, vous perdez quinze heures de travail. Votre RPO réel est donc de quinze heures. Si ça ne vous convient pas, il faut sauvegarder plus souvent.

Le lien avec la fréquence est direct : la périodicité de vos sauvegardes doit être inférieure ou égale à votre RPO. C'est aussi bête que ça, et c'est ce qui manque dans 90 % des discussions sur le sujet.

Sauvegarde incrémentielle, complète, différentielle : laquelle choisir ?

Ces trois termes reviennent tout le temps et personne ne les distingue clairement. Voici le tableau que je donne à mes clients, parce qu'un schéma vaut mieux qu'un long discours.

Type Ce qui est copié Espace occupé Temps de restauration Quand l'utiliser
Complète Tout, à chaque fois Élevé Rapide, une seule source Petits volumes, archives mensuelles
Différentielle Tout ce qui a changé depuis la dernière complète Moyen, grossit chaque jour Modéré : complète + dernière différentielle Compromis correct pour une PME
Incrémentielle Uniquement ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde, quelle qu'elle soit Faible Lent : il faut rejouer toute la chaîne Gros volumes, sauvegardes fréquentes

La sauvegarde incrémentielle est la plus économique en espace et en bande passante — c'est elle qui permet de sauvegarder toutes les heures sans saturer le réseau. Mais elle a un piège : si un seul maillon de la chaîne est corrompu, la restauration peut échouer. D'où l'importance de conserver une complète de référence quelque part, et de vérifier régulièrement que la chaîne se rejoue.

Beaucoup de solutions mélangent les deux approches : une complète hebdomadaire, des incrémentielles quotidiennes, et parfois une synthèse qui consolide la chaîne pour accélérer la restauration. C'est souvent le meilleur compromis en pratique.

Comment sauvegarder toutes les données de mon téléphone

Le smartphone est devenu le point faible de beaucoup de particuliers, et même de pas mal de professionnels qui y stockent des photos de chantier, des scans de documents ou des notes vocales. La bonne nouvelle : les mécanismes intégrés font très bien le travail, à condition de savoir ce qu'ils font vraiment.

Sauvegarde Google et iCloud : ce qu'elles couvrent réellement

Sur Android, la sauvegarde Google synchronise les contacts, les applications installées, l'historique d'appels, les SMS et une partie des réglages. Elle ne sauvegarde pas les fichiers stockés dans le stockage interne de l'appareil photo par défaut (les photos, elles, remontent via Google Photos, qui est un service distinct). Sur iPhone, la sauvegarde iCloud fait une copie plus complète, mais gratuite seulement jusqu'à 5 Go — ce qui est très vite insuffisant.

Le point que personne ne mentionne : ces sauvegardes sont liées à votre compte. Si vous êtes victime d'une usurpation de compte, l'attaquant peut supprimer la sauvegarde en même temps que les données. Ce n'est pas de la paranoïa, c'est déjà arrivé à des proches.

La méthode simple que j'applique

  1. Activer la sauvegarde automatique du système, ne serait-ce que pour les contacts et les réglages.
  2. Exporter les photos et vidéos vers un stockage distinct avec une synchronisation automatique.
  3. Déverser physiquement les dossiers importants (scans, documents) sur l'ordinateur une fois par mois, puis dans la sauvegarde de l'ordinateur.
  4. Noter quelque part les codes de récupération des comptes, hors du téléphone.

Cette dernière étape paraît bête. Elle sauve des vies le jour où le téléphone est perdu.

Ransomwares : la menace qui a redéfini ce qu'on appelle une vraie sauvegarde

Il y a quelques années, la sauvegarde protégeait contre la panne matérielle et l'erreur humaine. Aujourd'hui, elle doit d'abord protéger contre un adversaire actif — un logiciel qui cherche précisément vos copies de sauvegarde pour les chiffrer en dernier, avant de déclencher la demande de rançon.

Le mode opératoire est bien rodé. L'attaquant entre par un poste de travail, se déplace latéralement dans le réseau, repère les partages de sauvegarde, les monte, les chiffre. Puis il lance son message. Si votre sauvegarde était connectée en permanence et accessible en écriture avec les mêmes identifiants que le reste du réseau, elle est déjà morte.

La copie immuable, seul vrai rempart

Trois mesures, dans l'ordre d'efficacité :

  • Déconnecter physiquement le support de sauvegarde en dehors de la fenêtre de copie. Radical et gratuit, mais demande une discipline quotidienne.
  • Activer l'immuabilité sur le stockage : les données écrites ne peuvent plus être supprimées ni modifiées avant l'expiration d'une période que vous fixez. C'est ce que proposent la plupart des offres de sauvegarde professionnelles.
  • Séparer les identifiants : le compte qui écrit la sauvegarde ne doit pas avoir le droit de la supprimer. Sinon, l'attaquant qui compromet ce compte efface tout.

Un dirigeant de TPE m'a dit un jour : « j'ai un disque externe, je le branche le vendredi soir ». Franchement, à l'échelle d'une petite structure, c'est déjà énorme. Ce simple geste couvre la majorité des scénarios de rançon, parce qu'aucun logiciel ne peut atteindre un disque qui n'est pas branché.

Construire une politique de sauvegarde qui tient dans le temps

Une bonne intention ne survit pas à trois mois de rush. Ce qui survit, c'est une procédure écrite, courte, et une personne responsable de son application. Dans les petites structures, cette personne, c'est souvent le dirigeant lui-même — et c'est très bien, à condition que ce ne soit pas « quand j'y pense ».

Un exemple concret, applicable tel quel

Voici le squelette que je pose chez la plupart de mes clients. Il tient sur une page.

  1. Périmètre : lister précisément ce qui est sauvegardé. Fichiers métiers, base de gestion, messagerie, configurations. Ce qui n'est pas dans la liste n'est pas protégé.
  2. Fréquence : complète hebdomadaire le dimanche, incrémentielle toutes les nuits, exports de base toutes les heures pour les données critiques.
  3. Supports et emplacements : un NAS local, une copie cloud, un disque déconnecté rangé ailleurs.
  4. Rétention : combien de temps on garde chaque version. En général sept sauvegardes quotidiennes, quatre hebdomadaires, douze mensuelles.
  5. Tests : restauration d'un fichier au hasard chaque mois, restauration complète sur machine de test chaque trimestre, avec compte-rendu écrit.
  6. Responsable : un nom, un suppléant.
  7. Journal : un tableau qui indique ce qui a été fait, quand, et par qui.

Ce document n'a rien d'un pavé juridique. Il sert surtout à rendre visibles les oublis. Quand vous voyez trois mois de cases tests vides dans votre journal, vous savez que vous n'êtes pas protégé — même si tous les voyants du logiciel sont au vert.

Quel support ne permet pas de sauvegarder ses données informatiques ?

La question mérite une réponse nette, parce qu'elle est souvent mal comprise. Aucun support ne « ne permet pas » la sauvegarde en soi — un DVD, une clé USB, un disque dur, une bande, un espace cloud peuvent tous stocker une copie. Ce qui rend un support inadapté, c'est son usage, pas sa nature.

Trois cas où le support ne fait pas le travail :

  • La mémoire interne d'un appareil ou une partition du même disque que l'original. Ce n'est pas un support de sauvegarde, c'est le même point de défaillance.
  • Un support en lecture seule ou non réinscriptible (CD-R gravé une fois, par exemple) : il peut conserver une archive figée, mais aucune sauvegarde évolutive n'est possible dessus.
  • Un support saturé ou trop ancien, dont la capacité ne couvre plus les volumes actuels ou dont la fiabilité n'est plus garantie. Le support existe, mais il n'assure plus la fonction.

Retenez la logique : la question n'est pas « quel support choisir », mais « quel support remplira cette fonction, dans mon contexte, avec mes volumes et ma fréquence ». Un disque de 500 Go sur un serveur de 4 To ne sauvegarde rien. Il fait semblant.

Les erreurs que j'ai faites, et ce qu'elles m'ont appris

Première erreur, et la plus coûteuse : pendant deux ans, j'ai fait confiance à une sauvegarde qui n'avait jamais été restaurée. Le logiciel affichait « succès » chaque nuit. Le jour où j'ai eu besoin de récupérer un dossier — une simple erreur de manipulation de ma part, j'avais écrasé un répertoire de travail — la restauration a échoué. Le fichier d'index était corrompu depuis des mois, et personne ne l'avait vu parce que personne ne lisait les journaux en détail.

Deuxième erreur : avoir monté la sauvegarde sur le même réseau, avec les mêmes identifiants que le reste. Ça n'a pas provoqué de catastrophe chez moi, mais un audit rapide m'a fait comprendre que n'importe quel poste compromis aurait pu effacer l'ensemble des copies en quelques minutes. J'ai tout refait.

Troisième erreur, plus insidieuse : avoir cru que la fréquence compensait la qualité. Sauvegarder toutes les heures un périmètre incomplet, ça donne l'illusion d'être protégé. On coche des cases, on se rassure. Puis on découvre que la base de données n'était pas incluse.

Ce que j'ai retenu, en une phrase : la sauvegarde est un processus, pas un produit. On l'achète, puis on l'entretient. Comme une chaudière.

Ce qui se joue vraiment

Le disque qui lâche, le fichier écrasé, le portable volé, la rançon affichée en plein écran : ce ne sont pas des scénarios exotiques réservés aux grandes entreprises. Ce sont des mardis matin ordinaires, et ils arrivent à des gens qui n'avaient rien prévu.

La bonne nouvelle, c'est que la protection de base ne coûte presque rien. Un disque déconnecté rangé chez un proche, une formule de stockage en ligne pour les fichiers vitaux, un test de restauration par mois. Trois gestes. Le reste, c'est de l'optimisation.

La question à se poser ce soir n'est pas « est-ce que je sauvegarde ». C'est : « si mon disque principal meurt dans une heure, qu'est-ce que je perds, et est-ce que je peux le vivre ? » Si la réponse vous serre un peu le ventre, vous savez par où commencer.

Delphine Deschamps

Delphine Deschamps

Delphine Deschamps est une spécialiste reconnue en apprentissage automatique, qui met à profit sa maîtrise de Python et de pandas pour concevoir des solutions analytiques performantes. Passionnée par la transmission, elle excelle dans la visualisation de données et aide les équipes à transformer des ensembles complexes en récits visuels clairs et exploitables. Son approche allie rigueur technique et sens pédagogique, au service de projets innovants.

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