[ TEST ] DEUS EX : Human Revolution

By Olegeek

Testé sur PC et xbox360, 1h50 de jeu.

Si l’on devait encore présenter la licence Deus Ex, on la rattacherait sûrement aux autres ténors du genre FPS comme Half Life ou encore Doom. Déjà à l’époque du 1er volet en 2000 sorti uniquement sur PC, le jeu avait séduit par son gameplay novateur à mi chemin entre le jeu de shoot classique et le jeu de rôle. S’en est suivi un 2ème opus baptisé « Invisible War » ; une suite qui du fait de son portage sur consoles, s’est avérée plutôt casse-gueule et peu fidèle à son aîné, souffrant d’énormes lacunes sur tous les tableaux.

Aujourd’hui, le contexte vidéo-ludique a changé. On a vu ainsi de sérieux poids lourds en la matière sur PC comme sur consoles : comme Stalkers ou Borderlands. Le pari osé d’Eidos Montréal est donc de redorer le blason de sa série, 11 ans après le 1er opus.

le héros Adam Jensen.

Côté histoire

on n’incarne plus l’agent JC Denton mais un ancien swat nommé Adam Jensen.Le jeu se déroule une vingtaine d’années avant les 2 précédents volets.2027, la tentaculaire multinationale Sarif Industries; est sur le point de changer l’histoire avec ses découvertes nanotechnologiques permettant d’améliorer le génome humain. En pleine crise sociale entre les « augmentés » ; ces individus qui ont subi des modifications robotiques, et les pro-humains qui refusent de telles pratiques, une opération coup de poing est menée au coeur même du siège de Sarif Industries.Jensen y travaille comme chef de sécurité.
Sans dévoiler quoique ce soit, l’histoire tient la route : le contexte est plutôt bien posé, chaque personnage a son parti pris, les enjeux politiques, éthiques qui ont fait le succès du 1er Deus Ex et qui manquaient cruellement au 2 sont bien là.

Quand je vous disais que les décors manquaient cruellement de textures…

Pour le Gameplay, il y a du bon et du moins bon.
Le jeu est un mélange subtile de FPS, de TPS (Jeu de tir à la 3ème personne) avec une pointe de jeu de rôle (gain d’xp, choix des dialogues).La nécessité d’adapter Deus Ex s’est faite ressentir et on hérite de quelques lacunes propres aux FPS actuels.
Ainsi, on a cette fâcheuse impression de « jeu pudding« :
  • un système de couverture calqué sur Mass Effect
  • le passage de vue à la 3ème personne (Chroniques de Riddick, Rainbow Six Vegas)
  • le fait de devoir s’abriter pour regagner de la vie (qui dénature complètement l’esprit de Deus Ex où il fallait économiser le moindre pixel d’énergie, la progression gagnait en intérêt en favorisant la recherche d’item)
  • les assassinats automatiques comme dans Splinter Cell Conviction etc.
Bref, le jeu est devenu comme beaucoup de titres, « casual » dans son système.Par chance, ce côté casual est très vite atténué par un certain nombre de subtilités.
A commencer par le Level Design.
Chaque environnement est extrêmement bien pensé et on laisse beaucoup de liberté au joueur.Comprenez par là que s’il vous prend l’envie de vous la jouer Rambo ou Solid Snake, libre à vous !
Le gros point noir du jeu réside dans ses phases de shoot sont correctes dans l’ensemble, mais rien de transcendant. Ca manque souvent de dynamisme par rapport à ce que propose un TPS comme Gears of War ou Mass Effect et encore plus en comparaison d’autres FPS comme Crysis, Bulletstorm ou Call of.Ce qui plombe surtout ces phases d’action, c’est l’I.A qui est bizarrement foutue et plutôt énervante.
Si l’ennemi est capable de repérer un bruit de pas à des Km, il a souvent un temps de réaction de 5 secondes pour comprendre que son pote vient de se faire descendre sous ses yeux !Aussi, l’I.A ne semble jamais rater sa cible quand il fait feu. C’est problématique puisqu’il suffit de quelques coups pour que le pauvre Jensen succombe. Du coup, ça réduit les gunfights à attendre que le type ait fini de tirer pour espérer sortir sa tête et faire feu à son tour. C’est souvent le cas dans les autres jeux, mais là, c’est bien plus systématique et l’IA montre très vite ses limites.Le réflexe de l’ennemi sera de se cacher en mode « j’suis pas pressé vas-y » en cas de tir, mais JAMAIS il n’aura l’initiative de vous contourner même quand il est en surnombre.

La possibilité de cacher les cadavres pour éviter d’alerter l’ennemi.

On préfèrera de loin les phases d’infiltration, beaucoup plus délicates mais qui offrent d’énormes possibilités grâce au décor. Peut-être pas aussi complet qu’un Batman Arkham Asylum, il existe malgré tout de nombreuses façons d’atteindre l’objectif fixé : tuer tout le monde, pirater le réseau, emprunter des conduits d’aération, monter sur les toîts pour sniper etc.

La dimension RPG se retrouve quant à elle, dans les augmentations.

Celles-ci requièrent des points d’expérience gagnés en accomplissant des objectifs définis (tirs à la tête, bonus de discrétion) ou des quêtes secondaires. Reste à voir si ces augmentations (invisibilité, armure, rapidité) ne plombent pas à long terme le gameplay. De même, le choix des dialogues donne lieu à des bonus et est susceptible de changer le cours des évènements. Cependant le système étant complètement calqué, ne vous attendez pas à la poigne des dialogues de Mass Effect plus prenants et décisifs que dans ce Deus Ex.

  On bascule en vue à la 3ème personne une fois couvert.

Notons également le système de piratage qui vous permet de déverrouiller des portes, ou encore détourner les mécanismes de surveillance (caméra/tourelles) pour tromper l’ennemi. Une très bonne idée qui même si elle existait déjà dans d’autres jeux, s’avère bien plus riche et stimulante dans Deus Ex.

Niveau bande-son, c’est plutôt chouette.
Les musiques collent parfaitement à l’univers Deus EX (baignant dans l’esprit Tron ou Equilibrium).En revanche, les doublages FR sont très moyens et manquent de conviction. Quel dommage de ne pas avoir autorisé la V.O.
Enfin, en terme de réalisation :
Le jeu est à des années lumières des dernières productions. Le moteur graphique utilisé permet un rendu pas trop moche, mais clairement en deçà de ce qu’on peut attendre d’un FPS à l’heure actuelle. L’impression de vide se situe surtout au niveau des textures, très pauvres.Les versions consoles souffrent encore plus de ces lacunes : avec un aliasing prononcé (effet d’escalier scintillant) et d’une framerate amoindrie (du coup, le jeu perd en fluidité).Il faut aussi supporter des chargements très longs et très fréquents (en cas de mort!). On aurait aussi aimé plus d’interaction avec le décor : aucun élément n’est destructible.

            Les visages sont ratés, comme la synchronisation labiale avec les dialogues.

       Les Takedown : action assistée permettant de neutraliser rapidement un ou plusieurs ennemis. Un petit plus sympa 😀

——– CONCLUSION : 16/20 ———

Un excellent jeu en soi qui aurait mérité plus d’attention sur certains point largement perfectibles : l’I.A en tête de liste.Avec le gameplay reprenant pas mal d’éléments à gauche à droite, mais ayant une part d’innovation, on obtient un ensemble très satisfaisant dès les 2 premières heures de jeu.L’envie de progression et le plaisir de jeu sont bien là, et le titre dispose d’une forte rejouabilité (du fait de son aspect non-linéaire).

Commentaires

commentaires

Powered by Facebook Comments

 Category: Retro Gaming
 Tags:

Related articles